Glober.tv

Blogue

L'appel du Nord

Publié le Mardi 27 septembre 2011
 
 

L’automne vient à peine de s’installer que déjà, plusieurs Québécois râlent en pensant aux pelletages matinaux, aux lèvres gercées et aux trottoirs glacés qui feront office de leur quotidien dans quelques semaines. Pourtant, certains ne semblent pas le moins du monde incommodés par les aléas hivernaux : ils migrent délibérément vers le Nord et s’y établissent. Un de ces intriguant spécimens s’appelle Mylène Bellerose et vit à Iqaluit, la capitale du Nunavut.

Il y a un peu plus d'un an, Mylène Bellerose complétait son baccalauréat en Relations internationales et droit International à l’UQAM. Quelque peu incertaine de son avenir, elle décide de s’inscrire au Programme Odyssée dans l’objectif d’enseigner le français dans une province canadienne.

Le Nunavut a été un choix naturel pour cette native de la région de Joliette. « J’ai fait des stages en coopération internationale au sein de communautés autochtones en Bolivie et au Pérou au cours de mes études. Cette fois, j’avais envie de connaitre les réalités autochtones de mon propre pays, et j’ai opté pour la culture des Inuits ».

On peut comprendre cet objectif louable, mais faire le choix de se rendre dans une ville où la température moyenne de novembre à avril varie entre -14°C et -27°C et que les quelques mois d’été offrent une moyenne d’à peine 7°C? « Ça me faisait peur au début, mais finalement j’ai trouvé ma place. Après mon année comme monitrice de langue, je me suis trouvée un emploi au gouvernement du Nunavut comme Agente de programme pour les questions francophones. Je suis bien pour le moment et je veux rester ici tant que j’en aurai la chance ».

Se dépasser

En écoutant Mylène me parler de son expérience, ce qui me frappe le plus, c’est qu’elle semble loin de s’ennuyer dans cet environnement. Oui, il y a des désavantages. En plus du froid, le coût de la vie est très élevé. Une simple livre de beurre coûte 7,65 $ et une boîte de jus d’orange congelé coûte 2,89 $. Le sentiment d’isolement peut aussi être difficile à gérer. « Je ne suis pas venue dans le sud (lire région de Montréal) depuis janvier dernier, je commence à avoir hâte de descendre ». Pas étonnant quand on sait que le billet d’avion aller-retour entre Iqaluit et Montréal coûte en moyenne 1 600 $...

Au delà de ces réalités, Mylène considère son expérience comme enrichissante. « Je me suis fait beaucoup d’amis et je me surprends à être très occupée. J’ai commencé à faire de l’improvisation, une activité que je détestais quand j’étais au secondaire. Je m’initie aussi tranquillement au Kiteskiing. Être ici m'apprend à me dépasser et à être ouverte aux nouvelles expériences et aux nouvelles personnes que je rencontre. Je suis beaucoup moins sédentaire que dans le sud! ».

L'importance de la préparation

Vous avez déjà songé au nord pour votre prochaine destination ? « Arrivez bien préparé », conseille Mylène, « surtout si vous comptez venir y travailler ».  Le site Internet du Gouvernement du Nunavut propose régulièrement des emplois. Pour vraiment apprécier son séjour pourquoi ne pas s’imprégner de la culture locale ? « Il y  beaucoup de gens qui viennent ici seulement pour faire de l’argent et ils repartent. Je trouve ça dommage car ils n’apportent rien à la communauté ».

Le Questions-Réponses de Glober.tv

Un mythe à casser sur Iqaluit ?

Le froid : « Le froid est sec ici. Ce n’est pas un froid humide qui te transperce le corps comme à Montréal ». Les changements climatiques influencent aussi beaucoup le climat. « Lorsque je suis venue voir ma famille dans le temps des fêtes, il faisait plus froid à Joliette qu’à Iqaluit ! », se rappelle Mylène. Mais pour ceux qui veulent vivre le grand froid nordique, n’allez pas croire que vous vous la coulerez douce ! « Comme il n’y a pas d’arbre, il y a souvent des vents très forts qui créent des blizzards. L’année dernière, il y a eu une journée où la température est descendue à -55 degrés celsius avec le facteur vent ».

As-tu un peu de Québec dans tes valises ?

« Un pot géant de Nutella ainsi que ma guitare et mes autres instruments qui me permettent de jouer de la musique de chez nous, en français ».

Qu’est-ce qu’il faut voir et faire à Iqaluit ?

1- Les festivals Toonik Tyme (avril) et Alianait (fin juin)qui célèbrent respectivement le retour du soleil et la culture inuit;

2- Faire du traineau à chien;

3- Si vous en avez la chance, goûtez à des plats traditionnels inuits, comme de la baleine crue, du caribou gelé ou même du ragoût d’ours polaire...

Blogueuse : Stéphanie Perron

Glober.tv

Facebook Twitter LinkedIn YouTube

Blogue: L'appel du Nord

L’automne vient à peine de s’installer que déjà, plusieurs Québécois râlent en pensant aux pelletages matinaux, aux lèvres gercées et aux trottoirs glacés qui feront office de leur quotidien dans quelques semaines. Pourtant (...)