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Noël ailleurs
Publié le Vendredi 16 décembre 2011
Noël approche à grands pas. Tous ces préparatifs des fêtes me rappellent qu'il y a exactement un an, je me trouvais en Europe, me demandant si je n'allais pas me retrouver seule dans mon petit appartement à siroter un verre de vin et grignoter pain et fromages aux douze coups de minuit.
Finalement, malgré mes craintes, j'ai passé un Noël mémorable. J'ai eu la chance d'être accueillie à bras ouverts pour le réveillon et le dîner de Noël dans la famille d'une amie française. J'ai cuisiné (pour la première fois et avec franc succès) ma recette familiale de cipâte. Ils m'ont fait déguster des huîtres et du foie gras. Ce fut une merveilleuse leçon de générosité. Je serai éternellement reconnaissante envers sa famille qui m'ont accueillie pendant cette période si particulière.
Alors qu'il est de plus en plus facile de voyager et que de nombreux programmes d'échange permettent de rendre la mobilité internationale plus accessible, j'ai réalisé que plein de gens devaient aussi avoir une histoire sur leur propre Noël à l'étranger. C'est le cas d'Audrée.
AUDRÉE FAVREAU-PINET
27 ans. Entrepreneure en congé de maternité jusqu'en septembre 2012. Habite Montréal.
Quel était le pays et, plus précisément, la ville où tu te trouvais ?
J'étais en Indonésie, dans un minuscule village du nom de Sontas, sur l'île de Bornéo.
En quelle année as-tu vécu cette expérience ?
2005-2006
Pourquoi te trouvais-tu dans ce pays à cette période ?
J'étais participante d'un programme de Jeunesse Canada Monde (échange interculturel entre une province du Canada et un pays du monde).
Comment as-tu célébré cette période de l'année finalement ?

Dans mon village, les gens étaient catholiques (même si toute l'Indonésie est à plus de 95 % musulmane). Mon expérience aurait été sûrement très différente si j'avais été dans un village musulman. À Sontas, les gens fêtaient Noël durant trois jours. On a commencé les festivités le 24 au matin et on les a terminées dans la nuit du 26 au 27. Quelques jours avant Noël, on a cuisiné une quantité de bouffe incroyable. Ensuite, le matin du 24, quelques amis et moi sommes partis visiter une première maison, celle de nos voisins. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre.
Finalement, la tradition est vraiment le fun : il s'agit de se déplacer de maison en maison, où les hôtes nous servent de la nourriture et de quoi boire (du tuak, une liqueur faite à base de riz). (Et il faut savoir qu'il est extrêmement impoli de refuser bouffe et boisson... Alors, quand tu arrives quelque part, tu manges et tu bois!) Musiques traditionnelles et gros hits américains s'entrecoupent; les gens dansent et font la fête.
L'idée est de rester environ 45 minutes ou 1 heure dans chaque maison, puis de se déplacer à la maison suivante... mais accompagnés par les hôtes, et ainsi de suite! En quelques heures, nous étions rendus plus de 20, 30 et même 40 personnes à nous déplacer ensemble. Le plus drôle est d'arriver à une maison où les gens ont fait un autre trajet que le nôtre... et de se rendre compte qu'il y a déjà plus de 30 personnes dans cette maison-là... Et les villageois s'entassent et vont chercher de la nourriture dans les premières maisons visitées (où il y avait évidemment moins de monde). C'était vraiment toute une expérience!
Cette ronde de visites dure deux jours. Le troisième jour, le 26, il y a une grande fête dansante dans la place centrale du village avec la génération des jeunes adultes. Puis, étrangement, le 6 janvier (qui est, pour nous, la fête des Rois), c'est Noël de nouveau! Mais cette fois, la fête est dans un village voisin avec toutes les communautés des alentours. Mais ils appellent quand même ça Noël!
Le meilleur souvenir de cette expérience?
L'esprit de communauté et de partage entre les villageois. Ici, nous sommes habitués de fêter Noël en famille. Même si on trouve que ça fait beaucoup de monde autour de la table, ce n'est rien comparativement à fêter avec ses voisins... et tous les habitants du village! Mais cet esprit n'était pas seulement présent à Noël; dans ce type de village, tout le monde s'entraide tout le temps, peu importe quelle est la tâche à effectuer. Normal que les festivités se déroulent de cette façon aussi, c'est leur manière de vivre après tout!
Qu'est-ce que tu as trouvé le plus difficile dans le fait de passer Noël loin de chez toi?
Je dirais que j'ai trouvé les jours précédents Noël beaucoup plus difficiles que la période de Noël en tant que telle. J'appréhendais beaucoup de passer ce temps loin de ma famille. Noël est une fête que j'adore, ma préférée, en fait, et je n'ai que de bons souvenirs en famille durant cette fête. Finalement, il faisait tellement chaud et la tradition était tellement unique et différente que je n'ai pas pu faire autrement que d'y plonger et d'en profiter!
Un fait cocasse ?
Comme ça faisait à peine deux semaines que j'étais arrivée dans mon village lorsque Noël est arrivé, et que personne ne parlait ni français ni anglais à Sontas, j'étais extrêmement confuse et ne comprenais absolument rien de ce qu'on me racontait. Quand j'ai finalement compris après les visites de quelques maisons que j'allais boire et manger ainsi pendant encore deux jours, je ne pouvais pas y croire! Je me disais que la langue était encore une fois une barrière et qu'il me manquait de l'information pour bien comprendre le principe; impossible de tenir ce rythme, nous allions tous y passer! J'ai bien fait rigoler les gens du village avec ça, d'ailleurs. ;)
Un conseil que tu donnerais à quelqu'un qui passe Noël 2011 loin de chez lui?
PROFITES-EN!!! C'est sûr que ce ne sera pas pareil comme les fêtes de Noël que tu connais... mais n'est-ce pas la beauté de voyager? Tu auras plein d'autres occasions de fêter Noël à la québécoise... et une seule chance de le faire avec une autre culture en t'y engageant complètement!
Crédit photo Noël: http://www.christmaswow.com/christmas-tree-artificial-lights/
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